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L’église possède 28 baies garnies de vitraux en grande majorité du XIXe siècle.
En 1895, démarre la pose de 12 vitraux exécutés par la maison Foulonneau-Chouteau, ancienne maison Gautier fondée en 1702. Ces nouveaux vitraux * viennent remplacer des vitraux posés en 1872 lors de la restauration de l’église. Celui de Jeanne d’Arc et le Bon Pasteur ont notamment reçu la médaille d’or.
Dans l’abside derrière le chœur, les trois vitraux représentent des saints dits guérisseurs : Celui de Sainte Germaine de Pibrac ou Germaine Cousin * à gauche, Saint Germain* patron de l’église au milieu et saint René évêque d’Angers* à droite.
Lorsque nous entrons dans l’église par le portail ouest nous découvrons une nef divisée en trois parties, appelées travées, couvertes de voutes différentes.
La travée ouest, la première en entrant, est de style angevin ou Plantagenêt du XIIème siècle. C’est celle qui a été rajouté en dernier. C’est la transition entre le roman et le gothique. Les clés de voute de ce style Plantagenet sont beaucoup plus hautes que celles des doubleaux. C’est une voute très bombée. Elle est
pénétrée dans 2 de ses angles de 4 petites voutes très inclinées. Des statuettes ornent chaque intersection des nervures. Au centre le Christ Roi, le ciel et l’enfer aux angles, des personnages d’histoires et à la clé du doubleau, la Vierge. Sainte Radegonde figure au-dessus de la fenêtre nord du mur ouest et l’artisan à chaperon figuré en haut est Hilaire le Maçon qui était un homme de Richard Cœur de Lion. Ste Barbe, patronne des maçons trône au sommet du doubleau, protectrice et signature du chef d’œuvre.
La travée médiane à liernes est la plus ancienne des 3. La clé de voute formant une couronne a reçu une rosace.
La voute de la travée Est, est la plus récente (15 -ème début 16 -ème), au niveau de sa construction car elle a été refaite après que la flèche du clocher ait détruit une partie de l’église comme nous l’avons déjà vu ; sa clé de voute représente les armoiries de Mouliherne : Trois cœurs d’or (couleur royale) dans une barre de sinople (couleur verte) et 2 roues de moulin.
Selon la coutume de l’époque, on commença certainement l’église par le chœur entre 1125 et 1135. C’est donc une des parties les plus anciennes. Il est formé de deux travées droites avec voute en berceau, terminées par une abside voutée en cul de four. L’abside construite en moellons de grès est soutenue à l’extérieur par des contreforts en tuffeau entre lesquels s’ouvrent des baies en plein cintre soulignées d’un cordon d’archivolte typique de l’architecture romane. Les chapiteaux du chœur ainsi que ceux du transept caractérisent l’art roman avec des scènes bibliques, des animaux symboliques, des feuilles d’acanthe.
Une grille ferme le chœur. De hauteur de 87 cm, c’est un bel ouvrage de ferronnerie forgé, martelé, étampé du 18eme siècle provenant de L’abbaye du Loroux.
Cette clôture forme un demi-cercle autour du maître-autel. Il y avait à l’origine une porte à deux battants qui ont été enlevés et conservés dans la sacristie. L’armature est en fer carré soudé et les éléments du décor, enroulement, fleur, pistil sont assemblés sur cette armature par rivetage ou bague. C’était à cet endroit que les fidèles recevaient la Communion Eucharistique.
Un autel en tuffeau avait été aménagé en 1823, mais une vingtaine d’année plus tard, on trouva qu’il n’était qu’une masse grossièrement peinte. On commanda donc un nouveau tabernacle en premier. Une convention fut signée entre le conseil de fabrique et l’école des Arts et Métiers d’Angers pour la réalisation du tabernacle avant septembre 1843. L’autel existant ne convenant pas du tout par rapport au nouveau tabernacle, on en commanda un nouveau le 1er octobre 1843 à Monsieur Baux architecte à Paris. Cet autel de 3 m de long, 1,85 de large et 1m de haut en marbre d’Italie fond vert de mer, panneaux en Jaune serin, moulure en marbre blanc statuaire et écusson. Il a été restauré il y a quelques années grâce à une souscription faite entre l’Association Patrimoine Paysages Moulihernais et la Fondation du Patrimoine afin de récolter des dons car il se désagrégeait de toute part.
Le peintre Etienne Audfray
Etienne Audfray, est un artiste peintre, né le 4 août 1846 à Saint-Christophe-du-Bois (49). Son père est sabotier et sacristain de l’église.
Après trois années au séminaire d’Angers (1870-1873), il se consacre à la peinture. Il se marie dans le 6 -ème arrondissement de Paris, le 15 janvier 1889, avec une italienne, Ciaraldi Benedetta.
Ses premiers tableaux sont réalisés au début des années 1870. Elève de Paul Flandrin, il s’installe définitivement à Angers en 1894 où il devient le peintre attitré des institutions religieuses (hôpitaux, lycées) et
des églises. L’artiste, auteur de nombreux portraits et de tableaux à thème religieux, a donc beaucoup œuvré pour la décoration des églises d’Anjou. Ses œuvres sont inspirées de tableaux de grands maîtres. Il
s’installera à Angers et sera le portraitiste privilégié du clergé et de la bourgeoisie angevine. Il signe indifféremment E. Audfray, Steph. ou S. Audfray, Stéphane étant la forme grecque d’Etienne.
Il décédera à Angers le 22 juillet 1911. Ce sont notamment les œuvres de Nicolas Poussin (1594-1665) qui l’ont inspiré pour l’église de Mouliherne.
Les tableaux de l’église Saint Germain
Après la révolution, l’église de Mouliherne, qui était devenue Temple de la Raison, est réouverte au culte catholique. Mais la restauration s’avère difficile et surtout très onéreuse car l’église est très dégradée. On demande alors au peintre Jacquelin Nugues de Baugé, de décorer l’église de 7 toiles : les 7 sacrements. Ces peintures existaient encore en 1876 d’après le dictionnaire historique et géographique de Célestin Port, mais elles ont depuis longtemps quittées Mouliherne. Deux auraient été vendues à l’église d’Auverse et les 5 autres en 1881 à Lenoir négociant en fer à Beaufort !
En 1905-1906 le curé Honoré Bouttier commande à Etienne Aufray, de grandes peintures pour remplacer celles vendues quelques années plus tôt.
Etienne Audfray réalise alors pour l’église Saint Germain de Mouliherne, 7 tableaux représentant les 7 sacrements de l’église catholique. 6 sont dans la nef mais il manque le sacrement de l’Eucharistie.
Nef côté Nord (à gauche en entrant) : Le Baptême, La Confirmation, La Pénitence
Nef côté Sud (à droite en entrant) : Le Mariage, le sacrement de l’Ordre, L’Extrême onction.
D’autre tableaux lui ont également été commandés :
Au-dessus du portail d’entrée : Le Christ et la Samaritaine ; La Dédicace de l’autel par Mgr Angebault, évêque d’Angers, avec le curé J.B Hubert, cérémonie du 12 mai 1844.
Dans le transept sud :’’ la bonne mort’’, tableau représentant la mort de saint Joseph patron de la bonne mort entouré de Marie et Jésus. Et le tableau de Jésus portant sa croix.
Transept côté Nord : Le vœu de Louis XIII. Ce Vœu de Louis XIII est un ensemble de promesses et d’actes de dévotion effectués par le roi de France Louis XIII entre 1632 et 1638. À plusieurs reprises, il s’engagea à consacrer son royaume à Notre-Dame, si elle lui accordait la grâce d’avoir un héritier pour lui succéder et pour un retour à la paix dans la détresse de la guerre de Trente Ans.
L’Assomption La paix est signée en 1648. Un « patronage » de l’Assomption est alors publié. C’est l’origine de cette iconographie.
Derrière l’autel sur la gauche, on peut voir un prêtre donnant la communion.
Tous ces tableaux sont d’une très grande richesse artistique pour l’église de
Mouliherne
L’église St Germain est couronnée par un clocher qui n’a été construit qu’à la fin du XVIIème siècle en 1693. Il a une particularité qui fait tout son charme et qui le fait entrer dans la catégorie des clochers Tors. Il est vrillé, torsadé.
Il y a une centaine de clochers tors en Europe mais les églises à clochers tors font partie du paysage Baugeois. On en compte 5 parmi les 32 en France. C’est la plus grande concentration de clochers tors de France. On les trouve dans les communes de Fontaine Guérin, Fougeré, le Vieil Baugé, Pontigné et Mouliherne. Certains clochers sont volontairement vrillés, d’autres le sont par accidents mais lesquels ? le travail du bois, les intempéries, l’affaissement de la charpente sous le poids de l’ardoise, peuvent expliquer cette torsion. Celui de Mouliherne construit en 1693 est dû à une prouesse architecturale combiné avec du bois vert.
Bien sûr, il existe aussi une légende au sujet du clocher tors de Mouliherne mais c’est une autre histoire…*
Derrière l’église de Mouliherne, dans le cimetière se trouve une mystérieuse lanterne des Morts, rénovée en 1978. Ce monument, comme une partie de l’église avait été détruit à la révolution.
Les lanternes des morts sont des monuments curieux et très anciens*.
La Lanterne des Morts de Mouliherne est bâtie sur un ossuaire datant du XIème siècle (le seul connu en Anjou) qui se compose d’une crypte à voute nervurée de style roman dont la voute repose sur 4 branches d’ogives. Sur la table recouverte de l’ardoise d’origine que l’on pourrait appeler pupitre, on chantait l’évangile de la passion le jour des Rameaux et le curé donnait l’absolution le jour des Défunts le 2 novembre.
Au-dessus de cet ossuaire s’élevait jadis un fanal rond en tuffeau haut de 8 à 10 m percé de 6 petites fenêtres, surmonté d’une croix mais complétement détruit à la Révolution.
Dans ce fanal brulait une lumière qui symbolisait le souvenir des défunts mais aussi le symbole spirituel de la clarté de la foi. Elle avait également comme vocation de chasser les esprits des ténèbres et de guider le voyageur, un peu comme un phare pour les bateaux.
C’est ce fanal qui a été restauré à l’identique en 1978 et que vous pouvez admirer dans le cimetière de Mouliherne.
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Ce moulin se distingue par son pignon percé de baies de plein cintre avec encadrement en brique. Il est en tuffeau, en grès et en moellon. Le toit est un toit à long pan en ardoise. C’est un moulin terrier à chaussée insubmersible datant du XVIII et XIXème siècle.
Il comprenait 3 paires de meules montées à l’anglaise, une roue de dessus, une bluterie et un appareil de nettoyage. Son activité de moulin farinier semble cesser en 1933 lors du contingentement. Il fournit alors de l’électricité pour le château des Auberts tout proche.
Ce moulin n’est pas ouvert au public mais vous pouvez le découvrir depuis la route.
On ignore l’époque exacte de construction de ce moulin mais la datation principale est estimée au XVIIIème siècle. Aujourd’hui, c’est une propriété privée mais vous pouvez le découvrir en passant sur la route. Il a été remanié et est vide de tout mécanisme. Il est établi en contre-bas d’une levée formant un étang, ce qui caractérise le type de moulin alimenté par une retenue d’eau. C’est un moulin terrier à chaussée insubmersible.
Au milieu du XIXème siècle, il comprenait deux paires de meules entrainées par une roue au-dessus. Le volume d’eau était estimé à 400 à 600 litres par seconde, ce qui correspondait à une force motrice de 6 chevaux. En 1865 le moulin se modernise. Il est alors monté à l’anglaise, équipé d’une bluterie et d’un appareil de nettoyage. Il cessera son activité en 1955 n’écrasant que des céréales secondaires.
Ce moulin, dont on ne connait pas la date exacte de construction, est à l’origine un moulin à farine. C’est un moulin terrier à chaussée submersible datant probablement du XVIIIème siècle. Il comprend alors deux paires de meules entrainées par une roue de dessus. Celle-ci est mise en mouvement par La Riverolle avec un volume d’eau de 400 à 600 litres par seconde (force motrice de 6 chevaux).
En 1859, il est monté à l’anglaise, c’est-à-dire avec un mécanisme en fer. Les paires de meules tournent alors sans chômage et le moulin est équipé d’une bluterie. L’activité du moulin augmente et il devient alors une minoterie.
Au milieu du XXème siècle, une turbine « Pelton » vient remplacer la roue endommagée. C’est l’époque de la modernisation du moulin. Les broyeurs à cylindres remplacent les meules et à coté de la force hydraulique, l’électricité fournit la moitié de l’énergie.
C’est 2004 que la minoterie Paye et Fils cesse son activité.
Vous pouvez voir ce moulin depuis le domaine public mais il n’est pas ouvert au public.
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